Benoit Jacquot

Benoit Jacquot

Depuis plus de trente ans, Benoit Jacquot est l'auteur d'une œuvre inclassable, parfois expérimentale et épurée, parfois classique, voire académique, mais toujours passionnante. C’est un cinéaste passionné par le sentiment amoureux et la psychanalyse, mais aussi la littérature puisqu’il a déjà une dizaine d’adaptations à son actif, de romans,  de pièces de théâtre et d’opéras : Dostoïevski, Kafka, Blanchot, Henry James, Yukio Mishima, Marivaux, Corneille, Gide, Puccini, J. D. Salinger, Benjamin Constant, Pascal Quignard, Chantal Thomas, ou encore plus récemment Octave  Mirbeau.  

Benoit Jacquot débute sa carrière au cinéma en 1965 comme assistant de Bernard Borderie, sur un film de la série Angélique, puis de Marguerite Duras sur les tournages de Nathalie Granger et de India Song, mais aussi de Marcel Carné et Roger Vadim. Il réalise au cours des années 1970 plusieurs documentaires sur la psychanalyse (Jacques Lacan psychanalyse I et II) pour la télévision. En 1975, il signe son premier long-métrage, L'assassin musicien, tiré d'un roman de Dostoïevski, dont le dépouillement de la mise en scène et du jeu étonne. Un style bressonien qui se confirme avec son deuxième film, Les enfants du placard (inspiré de la pensée de Jacques Lacan) et celui d’après, Les ailes de la colombe en 1981, ambitieuse adaptation de l’œuvre de Henry James. Neuf ans plus tard, Jacquot signe avec La désenchantée un chef-d’œuvre dans lequel la débutante Judith Godrèche crève l'écran. C'est le début d’une reconnaissance internationale pour le cinéaste. En 1995, il offre à Virginie Ledoyen un de ses plus beaux rôles avec La fille seule, qui vaut à la jeune comédienne d'être nommée pour le César du meilleur espoir féminin. Il signe ensuite Le septième ciel et L'école de la chair (d'après Yukio Mishima). Ce dernier film, avec Isabelle Huppert, une de ses actrices fétiches, est présenté en sélection officielle au festival de Cannes en 1998. 

Le sentiment amoureux est son thème de prédilection, mais Jacquot, devenu un des auteurs les plus prolifiques du cinéma français, fait surtout preuve d'un éclectisme rare : après un détour par le théâtre avec La Fausse Suivante inspiré de Marivaux, il signe un film d'époque sur la vie de Sade d’après Benjamin Constant (2000), avant d'engager Isabelle Adjani en 2002 dans Adolphe adapté du roman de Serge Bramly, mais aussi dans l’opéra de Puccini : Tosca. En 2004, il surprend encore en tournant en noir et blanc A tout de suite d'après le roman d’Élisabeth Fanger - récit d'une cavale interprété par Isild Le Besco, qu'il emmène ensuite en Inde à l'occasion de L'intouchable, présenté en compétition à Venise en 2006 (où il avait déjà été sélectionné en 1997 pour Le septième ciel  et en 1999 avec Pas de scandale). Il la retrouve en 2010 pour Au fond des bois. Entre-temps, il adapte Villa Amalia, le roman de Pascal Quignard, qui marque ses retrouvailles avec Isabelle Huppert (2009). Avec Les adieux à la reine, il réunit en 2012 Diane Kruger, Léa Seydoux et Virginie Ledoyen dans une relecture de la Révolution française, qui sera sélectionnée en compétition au Festival de Berlin et recevra le Prix Louis-Delluc ainsi que trois Césars. Son film suivant, 3 cœurs, réunissant Charlotte Gainsbourg, Benoit Poolevorde, Chiara Mastroianni et Catherine Deneuve, est son quatrième long-métrage en sélection officielle à Venise. En 2015, son film Journal d’une femme de chambre, adaptation du roman d’Octave Mirbeau avec Léa Seydoux dans le rôle principal, est sélectionné en compétition au Festival de Berlin.

← Back